Une nouvelle étude publiée dans « Nature » montre le potentiel des composés dits « inhibiteurs d’entrée » dans la prévention du VIH
New York, 31 octobre 2005 – Une première sur ce plan : deux leaders mondiaux de l’industrie pharmaceutique, MSD & Co., Inc. et Bristol-Myers Squibb ont chacun annoncé aujourd’hui la signature de deux accords de licence respectifs avec l’International Partnership for Microbicides (IPM) pour le développement de nouvelles molécules antirétrovirales sous forme de microbicides potentiels destinés à protéger les femmes contre le VIH. Aux termes de ces deux accords distincts, MSD et Bristol-Myers Squibb vont tous deux accorder à cet organisme à but non lucratif une licence exempte de royalties, permettant ainsi à ce dernier de développer, fabriquer et distribuer leurs molécules respectives sous forme de microbicides dans les pays démunis.
Ce type d'accords, annoncés à la veille du TIME Global Health Summit, est inédit : c'est la première fois qu'un laboratoire pharmaceutique accorde une licence pour le développement d’un microbicide à partir d'un composé anti-VIH appartenant à une classe de molécules dont le développement est à un stade aussi précoce. Les deux molécules appartiennent à une nouvelle classe d’antirétroviraux connus sous le nom d’ « inhibiteurs d’entrée ». Certaines de ces molécules se fixent directement au VIH et d’autres se fixent au récepteur CCR5. Elles sont destinées à empêcher le virus de pénétrer dans les cellules hôtes, prévenant ainsi l’infection par le VIH.
Une étude publiée cette semaine dans la revue scientifique Nature signalera que ces inhibiteurs d'entrée, développés par MSD (CMPD 167) et par Bristol-Myers Squibb (BMS-378806), utilisés comme microbicides vaginaux chez des macaques, a protégé certaines femelles de cette espèce de singe contre l'infection par un virus semblable au VIH. L'équipe de recherche était dirigée par le Dr John Moore, du Weill Medical College de l'Université Cornell, et le
Dr Ronald Veazey, du Tulane National Primate Research Center. L'étude a été financée principalement par les US National Institutes of Health et d'autres établissements. MSD et BMS ont accordé à l'IPM des licences exemptes de royalties pour ces molécules ou d'autres composés apparentés.
Ces microbicides pourraient être développés sous forme de médicaments, comme un gel ou une crème vaginale pour application locale, ou un anneau vaginal libérant le principe actif de façon progressive, afin de réduire la transmission du VIH lors de pénétrations vaginales. On estime que sur une période de trois ans, un microbicide dont l’efficacité ne serait même que partielle pourrait prévenir la survenue de 2,5 millions d’infections par le VIH.
« La signature de ces accords constitue un évènement historique et un tournant eu égard à l’engagement de l’industrie pharmaceutique dans le développement d’un microbicide sûr et efficace destiné à protéger les femmes contre le VIH », se réjouit le Dr Zeda Rosenberg, directrice générale de l’IPM.
« Ces inhibiteurs d’entrée sont des microbicides potentiels très prometteurs. Nous tenons à faire part de notre reconnaissance à MSD et à Bristol-Myers Squibb pour leur leadership et leur engagement, nous permettant ainsi de développer de nouvelles technologies destinées à protéger des millions de femmes ». Le Dr Rosenberg a promis une rapide évolution des travaux de l’équipe scientifique de l’IPM pour développer et tester ces molécules sous forme de microbicides.
« MSD est fier de contribuer, par le fruit de ses travaux de recherche et de développement, à cet effort mondial pour protéger les femmes », a déclaré le Dr. Adel Mahmoud, Chief Medical Advisor pour les vaccins et les maladies infectieuses chez MSD. « Cet accord met à profit le travail colossal réalisé par MSD dans le domaine du VIH/sida, à la fois à travers la recherche et le développement de nouveaux médicaments et vaccins candidats contre le VIH, et à travers la signature de partenariats public-privé tels que le programme mis en place avec le gouvernement du Botswana et la Fondation Bill & Melinda Gates ».
« Nous prenons au sérieux notre responsabilité d’entreprise citoyenne », a déclaré John L. McGoldrick, vice-président exécutif de BMS. « Cet accord, comme d'autres programmes de BMS, tels Secure the Future (Assurer l’avenir) dont l’objectif est d’aider les femmes et les enfants touchés par le sida en Afrique, témoigne de l’engagement de notre entreprise à aider les populations des pays en développement à se battre efficacement contre le VIH/sida ».
En vertu de ces accords, Bristol-Myers Squibb et MSD accorderont tous deux à l’IPM une licence exempte de royalties pour le développement, la fabrication et la distribution de composés sous forme de microbicides dans les pays en développement. A ce jour, trois leaders de l'industrie pharmaceutique ont conclu un partenariat avec l'IPM. En mars 2004, l’IPM a signé un accord avec Tibotec Pharmaceuticals Ltd., filiale de Johnson & Johnson, pour le développement de son inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse, le TMC120, sous forme de microbicide.
« Ces accords novateurs illustrent comment le secteur public et le secteur privé peuvent collaborer pour mettre au point de nouvelles techniques prometteuses destinées à protéger les femmes contre la transmission du VIH », observe le
Dr Helene Gayle, de la Fondation Bill & Melinda Gates, un important soutien financier de l’IPM. « Bristol-Myers Squibb, MSD et Johnson & Johnson font figure d’exemple en signant des accords de partenariat portant sur le développement de leurs molécules les plus prometteuses sous forme de nouvelles technologies préventives potentielles du VIH. Nous espérons que d’autres laboratoires pharmaceutiques propriétaires de composés anti-VIH prometteurs leur emboîteront le pas ».
« Ces laboratoires, en nous fournissant leurs molécules pour notre recherche et en transférant leurs droits de propriété intellectuelle à un organisme à but non lucratif comme l’IPM pour les développer sous forme de microbicides, n'auraient pas pu se montrer plus coopératifs. Il s’agit-là d’un très grand pas en avant », affirme le Dr Moore. Ce dernier précise que ses travaux de recherche ont également été financés par le programme Freedom to Discover de Bristol-Myers Squibb, qui est un programme allouant des subventions sans engagement pour la recherche biomédicale.
« La découverte d’un microbicide cruciale est indispensable si l’on veut offrir aux femmes davantage d’alternatives pour se protéger contre l’infection par le VIH », explique le Dr Peter Piot, directeur général de l’ONUSIDA. « Les partenariats annoncés aujourd’hui entre l'IPM et les laboratoires pharmaceutiques Bristol-Myers Squibb et MSD constituent le genre de collaboration novatrice dont tout le monde a besoin, non seulement pour que le secteur privé puisse faire de cette technologie une réalité, mais aussi pour assurer sa mise à disposition aux quatre coins du monde aux millions de femmes auxquelles elle pourra bénéficier ».
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