Initier un big bang de la prévention pour mieux protéger les Français
Tribune à retrouver en Une du Figaro Economie du 15 juillet 2026
En matière de santé publique et de prévention, il n’y a pas toujours besoin de regarder loin pour trouver de bonnes nouvelles. Une étude britannique publiée dans The Lancet a mis en évidence une baisse très marquée des décès par cancer du col de l’utérus, en particulier chez les jeunes filles vaccinées contre les papillomavirus (HPV) entre 12 et 13 ans, chez qui une réduction très importante du risque a été observée. En France, ce sont encore plus de 7100 personnes qui, tous les ans, sont diagnostiquées d’un cancer dû aux HPV.
Et pourtant, des leviers de prévention existent déjà. Le dépistage du cancer du col de l’utérus est organisé et gratuit en France, et une large majorité de ces cancers peut être prévenue grâce à la combinaison de la vaccination, du dépistage organisé et gratuit, et d’une prise en charge adaptée. La vaccination fait l’objet d’informations dans les collèges et y est proposée gratuitement aux élèves de 5ème et 4ème. Prévenir ces cancers est possible mais nous n’atteignons pas encore en France les objectifs fixés par les pouvoirs publics.
Alors, comment aller plus loin ? La vaccination a longtemps été perçue dans notre pays comme un choix individuel malgré les recommandations des pouvoirs publics et des experts scientifiques, et les gains démontrés en termes de santé publique. Certains exemples les plus avancés se trouvent dans les pays qui ont choisi d’adopter une approche populationnelle.
Cette approche consiste à considérer la vaccination comme un acte de protection individuelle et comme un levier majeur de santé publique pour l’ensemble de la population, avec la mise en œuvre d’une approche adaptée aux publics éloignés des politiques de prévention.
En France, des initiatives ont été prises et leurs résultats encourageants nous incitent à accélérer collectivement. Si nous voulons, à l’instar de l’Australie, du Danemark ou de la Suède, prévenir des maladies graves et réduire fortement l’incidence de cancers évitables en France, n’est-ce pas un big bang de la prévention, conceptuel et organisationnel, qui doit s’opérer ?
Aurélie Andrieux-Bonneau, Directrice Politiques de santé, Affaires publiques et Communication de MSD France